Démission de Nicolas Hulot: et maintenant ?

«Nous ne changerons pas de cap sur l’écologie», promet le Premier ministre Edouard Philippe au lendemain de la démission fracassante de  Nicolas Hulot. La décision du ministre de la Transition écologique gâche la rentrée d’Emmanuel Macron qui avait besoin de rebondir après l’affaire Benalla.

Ça n’est pas la rentrée rêvée pour Emmanuel Macron. À peine relevé des secousses de l’affaire Benalla, il doit encaisser une démission surprise qui torpille l’architecture de son gouvernement… Pour la deuxième fois en quelques semaines, il subit une crise (ce qu’il n’apprécie guère). Emmanuel Macron, qui voudrait rester à tout moment le «maître des horloges», est à nouveau sur la défensive.

Pas prévenu par Nicolas Hulot de son intention de démissionner, Emmanuel Macron se retrouve prisonnier de son agenda de chef de l’Etat au Danemark, alors qu’à Paris le feu couve… Mais contrairement à l’affaire Benalla, où il est resté mutique plusieurs jours, le président a cette fois rapidement réagi : il a tenté de dédramatiser une démission qui sonne pourtant comme un désaveu de sa politique écologique et qui le contraint à remanier son équipe de façon imprévue.

Nicolas Hulot irremplaçable ?

Emmanuel Macron perd la personnalité la plus populaire de son gouvernement, sa «prise de guerre». Qui pourrait remplacer Nicolas Hulot, difficile à dire et c’est bien le problème, se désolent en privé plusieurs membres de la Macronie. Car on ne remplace pas Nicolas Hulot, personnalité issue de la société civile, connu et aimé des Français, écologiste, marqué à gauche mais à l’image transpartisane… Personne d’autre que lui ne coche toutes ces cases à fois.

Après quinze mois au gouvernement, Nicolas Hulot laisse un bilan contrasté mais pour beaucoup, comme l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet (dans le gouvernement de

Yves Cochet: la démission de Nicolas Hulot, «c’est la victoire de la sensibilité sur le cynisme»29/08/2018 – par Pierre OlivierÉcouter

Lionel Jospin), il sera compliqué de lui trouver un successeur. « C’est difficile de trouver un autre Nicolas Hulot, il est complètement irremplaçable !»

Les associations de défense de l’environnement et la société civile le martèlent : pas question d’une politique environnementale au rabais. Il faut un nouveau ministre puissant sur ces questions qui soit soutenu par tout le gouvernement. « Si Nicolas Hulot, avec ses convictions, et elles sont fortes sur un tas de sujets environnementaux, n’a pas réussi à s’imposer dans ce gouvernement, je ne suis pas sûr que quelqu’un d’autre puisse y parvenir», doute Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace.

Les cartes d’Emmanuel Macron

Plusieurs choix s’offrent à Emmanuel Macron. Il peut jouer la carte de la continuité en donnant une promotion à l’un des deux secrétaires d’Etat de l’ex-ministre: Sébastien Lecornu ou Brune Poirson… Il peut encore nommer un membre de la majorité. A l’Assemblée nationale François de Rugy ou Barbara Pompiliviennent du camp écologiste et ont tôt apporté leur soutien à Emmnanuel Macron.

Trouver à nouveau quelqu’un au sein de la société civile ? On pense à Pascal Canfin, président de WWF, déjà ministre sous Hollande ; ou nommer des figures de la vie politique : Ségolène Royal ou Alain Juppé (qui a décliné hier en souriant)
Quoiqu’il en soit le casse-tête ne fait que commencer. Et il se compliquera un peu plus si Emmanuel Macron saisit l’opportunité pour remanier plus largement en excluant d’autres ministres jugés encombrants.

Source : RFI

(Visited 52 times, 1 visits today)