Mohamed Ag Erlaf, ministre de l’Administration Territoriale

Autorités intérimaires :  guerre de légalité dans le Mandé

Installées le 24 janvier 2018 pour un mandat de 6 mois, l’Autorité intérimaire de la commune rurale du Mandé dirigée par Nouhoum Kélépily fait face à une fronde des membres de la société civile et des représentants des partis politiques qui dénoncent l’absence d’une décision officielle de renouvèlement du mandat de l’instance qu’ils accusent exercer dans l’illégalité. De leur côté, les membres de l’Autorité intérimaire crient à la provocation et défendent que le bureau intérimaire communal a été, tacitement, reconduit par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

Lors d’une réunion tenue, le samedi 27 octobre 2018, dans la cour de la Mairie de la commune du Mandé, des membres de la société civile et des représentants de 14 partis politiques de la commune du Mandé ont manifesté leur mécontentement face à l’illégitimité de l’Autorité intérimaire dont le mandat de 6 mois (renouvelable une fois comme prévu) est arrivé à terme depuis juillet dernier. Selon Boubacar Diarra dit Banfa de l’UM-RDA, membre influent de la fronde, l’Autorité intérimaire de la commune du Mandé est devenue illégale depuis le 24 juillet 2018, qui marque la fin de son mandat de 6 mois. « Car, depuis cette date, aucune décision officielle n’a été prise pour renouveler ce mandat », dénonce le conférencier qui ajoute que la décision du renouvèlement du mandat de l’Autorité intérimaire doit être prise en Conseil des ministres. « Les Autorités intérimaires ne peuvent rien faire de sérieux dans la commune. Car, leur mandat et leurs compétences sont limités. Elles ne peuvent gérer aucune affaire sérieuse. Or, nous voulons faire avancer notre commune. Nous avons besoin des autorités compétentes et légitimes pour faire face aux préoccupations des populations. Car, les élections communales de novembre 2016 ont été annulées dans la commune du Mandé non pas par insécurité, mais sur plainte de certains candidats. Normalement, on ne devrait pas mettre tout ce temps pour mettre en place un nouveau conseil communal. Rien ne doit bloquer la tenue des élections partielles dans la commune du Mandé  », poursuit Boubacar Diarra avant d’informer l’assistance qu’une lettre contenant cette préoccupation des partis politiques a été adressée le 4 octobre dernier au préfet de Kati.

A en croire Amara Diallo, Secrétaire général du PCR dans la commune du Mandé, l’Autorité intérimaire dirigée par Nouhoum Kélépily fait tout dans la commune sauf ce qui relève de sa compétence. « Une Autorité intérimaire est censée travailler avec les populations et même avec les partis politiques. Mais, personne ne connait, aujourd’hui, la feuille de route de l’Autorité intérimaire de la commune du Mandé. Son mandat est dépassé de trois mois. Nous voulons, maintenant, être édifiés sur la date de la tenue des élections pour la remplacer», regrette le conférencier.

Face à ces accusations, le président de l’Autorité intérimaire, Nouhoum Kélépily se défend et parle d’un non-évènement en faisant allusion à la rencontre des frondeurs. A l’en croire, l’Autorité intérimaire de la communale a reçu le feu-vert de continuer du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. « Les frondeurs sont des gens qui ne comprennent pas le français. La loi est très claire sur cette question. Elle parle de 6 mois renouvelable. Dans l’Administration, quand on dit 6 mois renouvelable, le mandat continue tant qu’on n’organise pas une élection. L’Autorité intérimaire du Mandé a le même statut que des délégations intérimaires du Nord. Seulement, il y a des gens qui sont pressés de venir aux affaires au nom des intérêts inavoués», explique le président de l’Autorité intérimaire.

Parlant de la tenue des élections partielles, le Sous-préfet de Kalabancoro, interrogé par nos soins, s’est contenté de dire qu’il n’y a, pour le moment, aucune élection en vue dans la commune du Mandé.

Constat, au regard des arguments avancés par les deux camps, il y a eu un manque de communication entre le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, l’Autorité intérimaire et les populations de la commune du Mandé.

Youssouf Z KEITA

Source : Info-Soir

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