Mali : des PTF sollicitent une loi interdisant l’excision !

afrikinfos-mali.com-Bamako- lors de la cérémonie de lancement de trois jours de rencontre de Haut-niveau pour la réflexion sur les conséquences de la pratique de l’excision au Mali, le Directeur du Pays Plan International Mali et le représentant du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), Dr. Ndundula Robert Ngalula, ont sollicité des Autorités maliennes l’élaboration d’une loi interdisant l’excision dans le pays.

C’est une rencontre de trois jours qui a regroupé les leaders religieux, les leaders d’opinions, les responsables politiques, les autorités administratives et locales, ainsi que des partenaires techniques et financiers évoluant dans le domaine des droits de l’homme, particulièrement ceux des enfants. « L’objectif de ces rencontres est d’assurer l’adhésion de plusieurs acteurs dans la lutte contre la l’excision au Mali », a souligné, Issa Niambélé, Représentant du Maire de la Commune III du District de Bamako. Au total, les experts ont animé 6 panels sur la question avec les leaders religieux, les acteurs étatiques et ceux de la société civile.

Selon Balla Moussa Sidibé, Directeur Pays du Plan International Mali, des centaines de filles dans le monde subissent des mutilations génitales avec les conséquences incommensurables, dont la fistule vaginale ; les complications obstétricales ; le coût élevé de la prise en charge des conséquences et la stérilité ; et bien d’autres. « La dernière enquête EDS (2012-2013), donne un taux d’excision encore très élevé au Mali de 91% des femmes de 15 à 45 ans. Cependant, ce taux est fortement à la baisse dans les communautés des 180 villages où Plan International a intervenu à travers les cinq régions que sont Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti. En nous attelant à vouloir réduire la prévalence de l’excision de 10% parmi les filles de 0 à 14 ans à fin juin 2016, des avancées significatives ont été obtenues. Des structures, acteurs institutionnels et communautaires ont changé de perception et d’attitudes face à la problématique. Parmi les groupes cibles, 69 exciseuses ont été reconverties et 45.000 filles impliquées dans les activités de sensibilisation. Aussi, 87 villages partenaires ont-ils procédé à des déclarations publiques d’abandon de la pratique de l’excision », a-t-il ajouté.

Balla Moussa Sidibé a été aussi rappelé que Plan International Mali pour sa part est convaincue que la pratique de l’excision est ancrée depuis longtemps dans les mœurs. « Cependant, nulle part, nous n’avons pu trouver de raison qui justifie cette pratique du moins de façon consensuelle. Le seul argument jusque-là avancé par les partisans de la pratique est celui-ci ; je cite : ‘’nos parents l’ont pratiquée, je la pratique… ‘’ disent-ils malgré les conséquences mentionnées plus haut », a-t-il précisé.

Une violation fondamentale des droits des femmes et des enfants !

Après avoir affirmé que Plan International dénonce l’excision parce que c’est une violation fondamentale des droits des femmes et des enfants, Balla Moussa Sidibé a laissé entendre : « A Plan International, nous ne sommes pas dans une posture d’endiguer la pratique de l’excision avec un bâton magique. Cependant, nous serons aux côtés de tous les intervenants et à tous les rendez-vous où nous parlons de l’excision pour pouvoir mettre en avant nos convictions les plus profondes sur la problématique. Aussi, nous nous engageons toujours dans des partenariats pertinents comme celui que nous entretenons avec le Programme National de Lutte contre l’Excision pour son abandon. Notre stratégie est toute simple et efficace. Elle consiste à : faire changer les opinions sur cette pratique ancestrale ; faire évoluer la place et le rôle des filles dans la société et à encourager le plus possible l’éducation des filles pour qu’elles ne reproduisent pas la pratique sur leurs propres filles ».

Le Directeur Pays du Plan International Mali a également précisé que le rôle de son organisation est de former des volontaires afin qu’ils puissent diffuser les messages aux populations et aux autorités locales. « C’est pourquoi nous travaillons auprès des mères, des pères, des chefs de communautés et des chefs religieux afin d’attirer leur attention sur les conséquences de cette pratique traditionnelle néfaste pour la santé des filles. Nous menons un travail de plaidoyer auprès du gouvernement afin qu’il continue de mettre en place des actions pouvant favoriser l’abandon de cette pratique et, qu’à terme, une loi interdisant l’excision soit votée dans notre pays »,a-t-souligné.

Un travail difficile !

Dans la même dynamique, Dr. Robert Doudoula UNFPA a rappelé que l’excision c’est un problème réel de la reproduction au Mali. Après avoir appelé tous les acteurs impliqués à  une action concertée visant à améliorer le cadre juridique de la lutte et de la mobilisation des fonds pour l’abandon de cette pratique, Dr. Dr. Ndundula Robert Ngalula a également sollicité une loi interdisant la pratique au Mali. « UNFPA reste fortement engagé pour cette lutte noble pour faciliter l’accès à l’information ; à intensifier les actions de sensibilisation de la population pour accélérer l’abandon de l’excision et soutient le plaidoyer national pour l’adoption d’une loi interdisant Les Mutilations Génitales féminines (MGF) », a-t-il déclaré.

Le Ministre de la santé et de l’Hygiène Publique, Pr. Samba Ousmane Sow, a reconnu dans son intervention que la lutte pour l’abandon de l’excision n’est pas un travail facile. Pour lui, cette rencontre est une opportunité pour sensibiliser les parties prenantes en vue d’abandonner la pratique. « Les filles et femmes victimes de cette pratique ont besoin d’une assistance médicale psychologique. Je suis persuadé qu’une génération sans la mutilation génitale féminine est possible au Mali. Un seul pays ou un seul ministère ne peut pas. C’est ensemble on y arrivera », a-t-il précisé.

Ousmane BALLO, afrikinfos-mali.com

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