2ème conférence mondiale sur l’énergie communautaire à Bamako : des partenaires sûrs autour de l’AER-Mali pour booster le secteur !

Du 8 au 10 novembre 2018, une centaine d’experts, venant d’une trentaine de pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique étaient en conclave à l’hôtel de l’Amitié de Bamako autour de l’énergie communautaire et des énergies renouvelables. Au cours des exposés, l’expérience du Mali, à travers Agence des Energies Renouvelables (AER-Mali) et ses partenaires dans l’accès des populations aux énergies renouvelables ont été saluée par les experts.

L’avenir du monde se fait désormais par les énergies renouvelables. Forts de ce constat, l’Association Mondiale de l’Energie Eolienne (WWEA) et Mali-Folkecenter Nyetaa (MFC), ainsi que l’Institut des Politiques Energétiques Durables du Japon (ISEP), en coopération avec le Ministère de l’Energie et de l’Eau du Mali, à travers l’Agence des Energies Renouvelables du Mali (AER-Mali) ont initié cette rencontre de haut pour parler, sans langue du bois, de la promotion des énergies renouvelables.

Après Fukushima au Japon en 2016, c’est le Mali qui a été la deuxième destination de cette importante rencontre. Ce choix se justifie par le fait que notre pays a réalisé des impressionnants résultats en matière d’électrification rurale basée sur les énergies renouvelables. Cela, grâce à l’engagement de l’AER-Mali et ses partenaires stratégiques. Ce choix s’est également imposé grâce aux différentes initiatives de financement climatique que notre pays a adoptées dans ces dernières années, ainsi que son rôle actif au niveau national et international dans la promotion des énergies renouvelables. Selon les experts, l’énergie communautaire désigne la participation directe, l’appropriation et le partage des avantages issus de projets d’énergies renouvelables par et pour une communauté locale.

Face à la dépense des énergies fossiles et leurs conséquences néfastes sur l’environnement, la filière de l’énergie communautaire devient presque la seule voie de l’avenir pour le développement durable des communautés grâce à ses avantages sur les plans environnemental, social et économique.

Une opportunité d’échanges d’expérience et le renforcement des capacités !

Pendant trois jours, cet évènement avait réuni des experts et des parties prenantes de l’énergie communautaire aux niveaux national, régional et international. Ainsi, plusieurs thématiques ont été abordées par plus de 300 participants, composées d’experts nationaux et internationaux, des acteurs gouvernementaux du secteur privé, de la recherche et de la société civile. Il s’agit de : politiques des énergies pour les Communautés-Afrique ; praticiens hors-réseaux et mini-réseaux ; ateliers pour journalistes ; sessions à huis clos : réseaux des parlementaires ; coopération UE-Afrique ; schémas nationaux à l’énergie communautaire (1&2) ; énergie communautaire et cadre international ; énergie communautaire : modèles d’affaires-projets banquables ; politiques hors-réseaux et mini-réseaux ; modèles d’affaires participatifs et innovants (1&2) ; énergie et agriculture ; gouvernements locaux ; table ronde inter-active sur les opportunités et les défis de l’énergie communautaire ; financement de l’énergie communautaire ; programme allemand de l’énergie communautaire.

C’était non seulement une véritable opportunité d’échanges d’expériences entre les acteurs dans le domaine de l’énergie communautaire en Afrique, avec l’expérience du Mali, mais aussi un moyen pour renforcer les capacités des acteurs du secteur du continent. Il s’agissait également de négocier, avec les bailleurs, les financements des projets et le développement des affaires sur les énergies renouvelables. « Heureux que la question des énergies renouvelables se développent au niveau mondiale. Il faut aller à la réalisation de 100% énergies renouvelables. L’énergie communautaire doit être une énergie africaine, maîtrisée par les communautés locales », a-t-il déclaré Stefan Gsaenger, secrétaire général de l’Association Mondiale de l’Energie Eolienne (WWEA). Pour ce faire, Stefan Gsaenger pense qu’il faut inclure toutes les communautés, cela pour un développement durable avec le renforcement de la démocratie locale.

Mettre en exergue les potentialités du Mali !

Dans son intervention, le représentant de l’Ambassadeur de l’Allemagne au Mali, a souligné : « Après toutes les conférences et projets sur les énergies, c’est le temps d’agir ». Quant à Dr. Ibrahim Togola, président de Mali-Folkecenter Nyetaa, il a tenu à préciser : « Avec le succès et la maturités des énergies renouvelables aujourd’hui, les effets des changements climatiques, la croissance de la population africaine dont plus de 60% ont moins de 25 ans, l’innovation dans nos villes et campagnes dans toutes nos initiatives et activités sont les seules moyens pour créer les richesses et permettre à nos braves jeunes de rester dans leurs villages et contribuer à l’épanouissement de leurs communautés ».

Selon le ministre de l’Energie et de l’Eau, Sambou Wagué, l’organisation de cette conférence au Mali est une opportunité pour mettre en exergue les potentialités du pays en matière d’énergies renouvelables. « Tous les continents se caractérisent par leurs importantes potentialités en ressources d’énergies renouvelables (solaire, éolienne, biomasse, hydroélectricité et géothermie). Une utilisation judicieuse de ces ressources énergétiques permettra aux continents de s’affranchir de la dépendance des énergies fossiles et de leurs conséquences néfastes sur l’environnement », a-t-il ajouté.

Dr. Souleymane Berthé, un négociateur en chef des projets d’énergies renouvelables !
Souleymane Berthé, Directeur Général de l’AER-Mali

Selon Dr. Souleymane Berthé, Directeur Général de l’AER-Mali, l’une des grandes décisions prises à l’issue de cette conférence est la création d’une plateforme africaine de l’énergie communautaire. « Les parlementaires maliens mettront en place leur réseau parlementaire des Energies renouvelables avec l’accompagnement du réseau des parlementaires allemands d’énergies renouvelables. Ce réseau des parlementaires va s’étendre à d’autres pays africains aboutissant ainsi au réseau des parlementaires africains d’énergies renouvelables », a-t-il expliqué.

Dr. Souleymane Berthé a également ajouté : « Lors de mes discussions avec Baerbel Hoehn, ancienne ministre de l’Environnement de l’Allemagne, chargée du plan Marshall allemand d’énergie pour l’Afrique, elle a promis d’user de toutes ses forces pour augmenter les financements allemands dans les énergies renouvelables au Mali à travers GIZ et la KFW. Le Mali a été le premier pays où le plan Marshall pour l’Afrique en énergie a été lancé. Aussi avec le Directeur de l’environnement de l’Allemagne, il a été conclu de développer un scénario pour le Mali qui permettra à notre pays d’évoluer vers 100 % d’énergies renouvelables. Un plan qui sera soutenu par l’Allemagne. Enfin, les experts maliens ont été invités à visiter des expériences positives de l’énergie communautaire au Danemark. »

Ousmane BALLO

Source : Ziré-Hebdo

 

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