Zahabi Ould Sidi Mohamed, président de la Commission DDR

‘’Sans Détour’’ DDR au Mali : quatre inquiétudes !

Le processus du Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) a officiellement démarré le 6 octobre à Gao, sur une note très salée de plus de 28 milliards de francs CFA. C’est un processus qui concerne désormais 34.000 ex-combattants issus des groupes signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation. Pour autant, il existe des inquiétudes quant à la réussite de cette opération.

Première inquiétude : le choix des corps pour la réinsertion de ces ex-combats demeurent le premier casse-tête. Pour se justifier, le président de la Commission nationale DDR, Zahabi Ould Sidi Mohamed, a précisé le jour même du lancement des opérations que l’objectif de ce processus est de permettre aux ex-combattants de rendre leurs armes pour intégrer l’armée régulière. Il a aussi ajouté que cette intégration est subordonnée à certains critères dont l’âge requis, la qualification, l’expérience militaire et le niveau d’études. « Ceux qui ne remplissent pas ces critères bénéficieront d’un programme de soutien à la réinsertion dans la vie civile », a-t-il rassuré.

Deuxième inquiétude : si des représentants du gouvernement, des groupes armés de la CMA et de la Plateforme, ainsi que de la Mission de l’ONU ont bien participé à la cérémonie de lancement à Gao, les acteurs concernés, c’est-à-dire les ex-combattants déclarés enregistrés, étaient, en revanche, absents. Dans ces conditions, il sera très difficile de dire avec certitude que le processus sera suivi sur le terrain. Puisque pour l’heure, rien ne justifie de façon officielle cette réserve.

Troisième inquiétude : elle concerne les grades à attribuer à ces différents ex-combattants, une fois intégrés dans l’armée régulière. Le gouvernement va-t-il accorder les mêmes grades à chacun des éléments de la Coordination des Mouvements de l’Azawad qu’à ceux de la Plateforme ? La question reste posée. Une chose est sûre, les commandements militaires risquent de devenir également un sérieux problème. Car pour l’heure, l’on sait que la confiance n’est pas encore au beau fixe entre ces différentes forces, après une série de confrontations, d’une part entre l’armée régulière et les groupes armés, et d’autre part entre les groupes armés eux-mêmes. Dans ces conditions, le gouvernement va-t-il accepter de confier à un ex-combattant le commandement d’une unité ou d’une base militaire, composée de l’armée régulière et des éléments d’un autre groupe armé ? L’histoire nous édifiera davantage.

Quatrième inquiétude : cette quatrième inquiétude concerne la question de solde et d’indemnisation à accorder aux ex-combattants en cas de décès ou de blessure sur le théâtre des opérations. Sur les 34.000 ex-combattants, le président de la Commission nationale DDR, Zahabi ould Sidi Mohamed, a prévenu, le 6 octobre dernier à Gao, que ledit programme prévoit ces indemnités seulement aux 1600 anciens combattants des groupes signataires issus du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC). Les réactions des autres éléments qui ne sont pas concernées par ces mesures vont-ils tarder? En tout cas pour l’heure, l’ensemble de ces ex-combattants engagés à déposer les armes semble toujours resté à l’écoute du gouvernement.

Ousmane BALLO

Source : Ziré-Hebdo

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