Zone aéroportuaire de Bamako : Des installations d’une valeur importante saccagées !

Un géomètre, accompagné  des policiers du GMS, a démoli les installations de l’association des fabricants du savon artisanal dans la zone aéroportuaire de Niamakoro (ANAFAZAN). Plusieurs barils remplis d’huile ont été également saccagés.

Le 3 novembre 2018, un individu se réclamant ‘’géomètre’’ s’est pointé à cette zone aéroportuaire sans avertissement et sans une décision judiciaire lui donnant mandat de démolir les installations de ces fabricants de savon traditionnel, connu sous le nom de ‘’Kabakourouni’’.Accompagné des éléments du Groupement Mobile de Sécurité (GMS) et de deux bulldozers, l’homme a réduit installations et équipements en poussières avant de lancer à ses victimes qu’il détient une grosse de justice qui lui donne le plein droit de tracer des rues et des routes dans ladite zone aéroportuaire.

La valeur de ces installations saccagées est estimée à des millions de francs CFA. Interrogé, Karamokoba Diakité, président de l’association des fabricants du savon artisanal dans la zone aéroportuaire de Niamakoro « ANAFAZAN », a précisé que cinq hangars, dont le plus grand a coûté 460 000FCFA et quatre autres à 225 000FCFA, ont été tous détruits. « Des barils qui contenaient des produits mélangés à une valeur de 900.000FCFA, ont été également saccagés », a-t-il ajouté.

Selon Karamokoba Diakité, l’association des fabricants du savon artisanal est un regroupement constitué dans sa majeure partie de jeunes sans emploi. « Dans cette zone, il y a plus de cent hangars dont chacun peut employer dix à vingt personnes par jour. Le paiement des travailleurs est journalier et chacun peut empocher 6000FCFA tous les jours», a-t-il précisé.

Dans un entretien, le secrétaire administratif, Mahamadou Sidibé, a déclaré : « Au départ, les responsables de l’ASECNA pensaient que les produits que nous utilisons pouvaient avoir des conséquences négatives sur le sous-sol, principalement sur la nappe phréatique. Donc, ils nous ont imposé de faire des analyses sur les produits que nous utilisons.  C’est suite à cela que nous nous somme rendus à la Direction nationale de Contrôle de Pollutions et de Nuisances (DNACPN). Après vérification et analyse, les experts de cette direction ont témoigné que nos produits n’ont aucun impact négatif ni sur le sol, ni sur l’environnement. Parce que des produits sont constitués de l’huile de palme et de soude caustique. L’ASECNA nous avait également dit de ne pas faire des hangars avec des tôles neuves, parce que leurs reflets peuvent jouer sur les avions dans le ciel. Nous avons respecté toutes ces mesures. Donc, si nous devons quitter les lieux, c’est l’ASECNA qui doit venir  nous demander de partir avec un délai légal. Nous n’avons jamais dit que nous ne quitterons pas ce lieu, mais que cela soit fait dans le cadre de la loi et qu’on nous donne un espace proche de la ville pour que nous puissions faire fonctionner notre entreprise. Aujourd’hui, 3 000 emplois directs sont créés par cette entreprise artisanale et plus de 5000 emplois indirects. »

Il faut rappeler que ces fabricants de savon se sont installés dans cette zone aéroportuaire depuis 2005 avant de signer un protocole d’accord avec l’ASECNA en 2007.

Ousmane Le Peulh

Source : Ziré-Hebdo

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