Bamako a abrité le 1er décembre 2019, les travaux la 13eAssemblée générale del’Association internationale des régions francophones (AIRF). Un rendez-vous qui n’était pas anodin, car elle était une manière pour l’AIRF d’exprimer sa solidarité et son soutien au Mali en proie à la violence terroriste.

 L’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, en présence du président en exercice de l’ARIRF, Laurent Wauquiez; du président du Haut Conseil des Collectivités (HCC) ; du président de l’Alliance des Collectivités du G5 Sahel, Siaka Dembélé, non moins président de l’Association des régions du Mali. L’on notait également la présence de l’ancien président du HCC du Mali Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, l’un des pères fondateurs de l’AIRF, ainsi que des délégations venues d’une douzaine de pays ayant en partage la langue française.

 Dans son mot de bienvenue, le président de l’Alliance des Collectivités du G5 Sahel, Siaka Dembéléa rappelé que la tenue de cette Assemblée générale à Bamako est un élan fort de solidarité à l’endroit du Mali. Il a félicité les autorités maliennes pour leur accompagnement. M. Dembélé a aussi remercié tous les présidents fondateurs pour leur initiative et leur appui constant.

Le président de l’Association Internationale des Régions Francophones (AIRF), Laurent Wauquiez, a insisté sur la solidarité. Pour lui, le destin des uns est lié à celui des autres. «Ce n’est pas la situation sécuritaire qui peut nous empêcher de nous réunir », a-t-il ajouté. Aussi, M. Wauquieza touché du doigt quelques défis de l’heure pour la gouvernance des régions, à savoir : le rôle des régions dans l’avenir de leurspays respectifs,la consolidation du vivre ensemble et des équilibres des communautés ainsi que la pesanteur de la décision publique.

Le ministre Bah a félicité et remercié l’Association Internationale des Régions Francophones pour avoir accepté de tenir ses assises au Mali, malgré le contexte d’insécurité qui sévit dans la zone sahélienne. Selon lui, pour le gouvernement du Mali, la décentralisation s’inscrit dans le cadre des réformes politiques indispensables à la consolidation de la démocratie et à l’impulsion du développement harmonieux du Mali. « Les collectivités territoriales, dont mon département a la charge, sont au cœur des réussites de la décentralisation », a-t-il précisé.

De son avis, la solidarité internationale, à travers la coopération décentralisée effective et partagée, saura imprimer à la mondialisation une dynamique maîtrisée et essentiellement positive pour l’ensemble de l’humanité. M. Bah pense aussi que cette dynamique doit contribuer à la valorisation saine et pleine des ressources de chaque pays surtout ceux en développement. Il s’agit également de contribuer au relèvement des défis du développement durable, à l’élimination de la pauvreté et à l’émergence d’une véritable culture des droits de l’homme. Selon lui, les grands ensembles constituent aujourd’hui la meilleure alternative, le contexte le plus viable pour chacun des Etats du nord comme du sud.

Le ministre a aussi rappelé que depuis 2002, l’AIRF œuvre afin d’établir entre les collectivités territoires et les communautés régionales francophones des coopérations, des échanges d’informations et d’expériences touchant à leurs domaines d’activité d’où son statut consultatif spécial de l’Organisation des Nations unies (ECOSOC-ONU). C’est aussi en cette qualité qu’elle bénéficie du statut consultatif accordé aux organisations internationales non gouvernementales par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). A ses dires, l’AIRF rassemble aujourd'hui près de 200 régions dont 8 huit Associationsnationales de régions dans vingt-huit pays de la francophonie.

 Enfin, le ministre Bah a appelé à une synergie d’action entre les collectivités au regard de la disparité criarde entre les besoins des populations et les capacités de financements des collectivités territoriales. D’où, dit-il, tout l'intérêt d'accroitre l’intervention des grands groupes, ensembles géographiques ou économiques.

A la clôture de la rencontre, le président de l’Autorité des données à caractère personnel, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim HAIDARA, l’un des pères fondateurs de l’organisation, a remercié les délégations qui ont effectué le déplacement à Bamako malgré le contexte sécuritaire préoccupant.

 Au terme des travaux, une motion de remerciement a été adressée à la France pour son engagement dans la lutte contre le terrorisme au sahel. Aussi, une minute de silence a été observée en la mémoire des victimes du terrorisme, notamment les treizesoldats français morts dans la collision deux hélicoptèresfrançais à Ménaka. 

Abdoulaye Ouattara/ Afrikinfos-Mali