C’est parti pour les audiences publiques de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, CVJR. La première audience publique a eu lieu hier dimanche, 8 décembre, à Bamako. Sur plus de 15.000 victimes, une dizaine s’est exprimée sur les violations des droits qu'elles ont subies. Selon les responsables de la CJVR, cet exercice consiste à « rendre aux victimes leur dignité, panser leurs blessures et faciliter un début de guérison en reconnaissant publiquement ce qui leur est arrivé ».

Devant une assistance plongée dans l'émotion, 13 victimes hommes et femmes ont pu faire le récit des violations des droits de l'homme qu'elles ont subies et les souffrances endurées lors de différentes crises de 1960 à nos jours. Chacune d'elles, parfois au milieu des sanglots, est revenue sur sa « douloureuse aventure » devant un panel de jury dirigé par 7 commissaires de la CVJR qui s'appliquent déjà à les soulager moralement.

Dans leurs témoignages, elles disent avoir vécu « les affres des arrestations ou détentions arbitraires, des séquestrations et des enlèvements de la part des forces armées malienne et de groupes armés ». Après avoir expliqué le film des événements, les victimes ont exprimé également leur vision d' « un Mali pacifié et réconcilié ».

Pour la CVJR, cette séance d'écoute des victimes ne consiste pas à accuser un régime, encore moins le corps de l'Etat, ni des groupes armés. Selon elle, c'est un cadre de thérapie qui suscite une prise de conscience collective. Il s’agit aussi à travers cet exercice de « porter un regard rétrospectif sur des événements », mais aussi « permettre de tirer les leçons du passé pour aller de l'avant ».

Au total six audiences publiques sont prévues. Les prochaines audiences se dérouleront dans le premier trimestre de 2020.

Les victimes de leur côté, saluent cette initiative. Selon elles, cela témoigne la « considération » à leur égard. Les victimes appellent les autorités à poursuivre ce travail, qui selon elles, vise à « instaurer une paix durable ». « C’'est à travers la vérité qu'on peut avoir la paix », disent-elles.

Source: Studio Tamani