Aujourd’hui, la tenue du procès de Amadou Aya Sanogo, inculpé depuis le 27 novembre 2013, dans l’affaire dite la disparition des 21 bérets rouges lors du contre coup d’Etat avorté en avril 2012, fait au régime d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) plus de mal que de bien. Ouvert le 30 novembre 2016 à Sikasso, ce procès est encore reporté sine die.

Jugé ou pas, le capitaine-général de corps d’armée avec quatre étoiles dorées, Amadou Aya Sanogo, doit toujours patienter en prison. Mais pour combien de année encore ? Pour l’heure, personne ne saura répondre à cette question. Ce qui est sûr, ce procès désormais politisé qui risque de traîner longtemps sinon très longtemps, est devenu une vraie préoccupation pour le régime d’IBK.

Le report de l’audience initialement prévue pour le 13 janvier 2020 est juste une manière de couvrir certaines personnes dont la présence sera obligatoire pour la bonne tenue dudit procès. Cette attitude témoigne du laxisme de la justice qui n’arrive pas à présent à se décider de manière indépendante et responsable sur un procès aussi capital comme celui-ci. ‘’Nul n’est au dessus de la loi’’, a-t-on coutume de dire. Ce qui revient à dire que toute personne citée dans cette affaire de disparition ne devrait, d'aucune manière, occuper un poste de responsabilité avant que son innocence ne soit prononcée par la juridiction compétente. 

Malheureusement, le général Ibrahim Dahirou Dembélé, chef d’Etat-major général de l’armée au moment des faits et co-accusé, a été propulsé avant d’être nommé ministre de la Défense, après avoir bénéficié d’une liberté provisoire à la suite du report du procès de Sikasso. Mis sous contrôle judiciaire au départ, Ibrahim Dahirou Dembélé a été finalement blanchi sans procès et devient ainsi ministre de la Défense et des anciens Combattants. Quant aux autres co-accusés, ils restent en prison avec leur chef, Amadou Aya Sanogo, ex-président du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDRE).

L’incarnation de la stabilité du régime !

Bien en prison, Amadou Aya Sanogo constitue aujourd’hui un vrai fardeau pour le régime. Ses partisans font la pression sur la Cour et le Gouvernement, de son côté, a peur d’un procès dont le dénouement pourrait être fatal ou scandaleux pour le pays. Un simple témoignage ou déclaration de Amadou Aya Sanogo lors de ce procès pourrait changer la donne. Donc la réalité aujourd’hui, c’est que le régime ne veut pas le juger parce qu’il est prêt à tout dire et il ne peut pas non plus le libérer parce qu’il sait beaucoup de choses. Aussi, aucune motivation politique ou autre ne peut amener le gouvernement à le libérer sans jugementet garder les autres co-accusés. Donc de 2013 à 2020, voici sept ans que le capitaine-général avec ses quatre étoiles dorées, Amadou Aya Sanogo, médite sur son sort en prison.

Ousmane BALLO

Source : Ziré