Le Sommet de Pau s’est tenu le 13 janvier 2020 en France. Cette rencontre avait regroupé autour du président français, Emmanuel Macron, les cinq chefs d’Etat des pays membres du G5 Sahel(Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali et Mauritanie), ainsiquele secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, et le président du Conseil européen, Charles Michel.

C’est une rencontre de haut niveau qui s’est tenue au moment où les groupes armés terroristes ont suffisamment gagné le terrain faisant plusieurs morts au sein des armées et civils des pays respectifs. La dernière attaque la plus meurtrière dans le Sahel a été celle du 9 janvier 2020 contre le camp de Chinégodar de l’armée nigérienne, près du Mali et dont le bilan fait 89 soldats tués. L’on se rappelle également que le premier rendez-vous fixé au 16 décembre 2019 à Pau a été finalement reporté après l’attaque terroriste du 14 décembre 2019 tuant 71 soldats encore au Niger.

Si le choix de Pau pour abriter ce sommet a été motivé par le fait que sept des treize soldats français morts dans un accident d'hélicoptère au Mali en sont originaires, il faut noter que l'objectif de la rencontre qui justifie la présence de ces différents chefs d’Etat était de trouver des stratégies appropriées et des mesures idoines permettant à Barkhane et aux autres forces étrangères intervenant dans le Sahel de mieux collaborer avec la force du G5 Sahel et les armées des cinq pays afin de vaincre les terroristes.

Pour ce faire, le seul mot d’ordre au sortir de ce sommet doit-être : ‘’Après Pau, il faut faire la peau aux terroristes’’, autrement dit vaincre cette force de mal. Car, l’heure n’est plus aux discussions stériles autour de cette question de lutte contre le jihadisme ou le terrorisme dans le Sahel. Il faut forcément des actions concrètes permettant rapidement de trouver une solution pérenne à cette situation sécuritaire qui ne cesse de se dégrader.

C’est pourquoi, ce sommet devrait être également une occasion pour la France et pour les autres partenaires des pays du G5 Sahel d’évaluer les moyens, les stratégies et les engagements pris dans le cadre de la stabilisation du Sahel. Puisqu’on le sait, en plus de la France avec ses 4 500 soldats au compte de l’opération Barkhane, d’autres pays comme les Etats-Unis y sont à travers un appui militaire, logistique et autre. Mieux, le président Macron a déjà annoncé l'envoi de 220 soldats supplémentaires pour renforcer la force Barkhane dans le Sahel.

Donc malgré les critiques ou sentiments anti-français de ces dernières semaines dans certains pays du sahel comme le Mali et le Burkina Faso, la seule chose qui vaille est la protection des personnes et de leurs biens sur l’ensemble de la bande sahélienne.Pour arriver à bout de cette question de lutte contre terrorisme dans le sahel, ce sommet de Pau se présente comme l’ultime occasion pour parler en toute franchise et responsabilité des vraies solutions adaptables à la situation sécuritaire actuelle de l’espace.

La bonne nouvelle pour l’instant c’est qu’en matière de combat contre le terrorisme, les chefs d’Etat ont marqué, à l’issue dudit Sommet, leur ferme volonté de combattre ensemble tous les groupes armés terroristes actifs dans la zone, en concentrant immédiatement leurs efforts militaires dans la région des trois frontières sous le commandement conjoint de la Force Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel, en ciblant en priorité l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS).

Ousmane BALLO

Source : Ziré